Chaque jour je vais du frisson à la noyade, les paupières jusqu’au sol, le froid qui use me voûte, et alors je ne suis plus qu’une arcade. Je suis un pont, un pont gigantesque entre la terre et le ciel - pas plus gros qu’une goutte d’eau.
Souvent je me dis que sans doute, j’ai manqué quelque chose entre la terre et le ciel, et que c’est pour ça que je flotte comme un hauban qui a raté son atterrissage au lieu d’être solidement amarré au-dessus du vide.
Entre le vide, le ciel et le pont subsiste une subtile nuance.
