Moi je lis la ville avec les yeux du désir. Les trottoirs que je suis ont la couleur de la tôle, le métal et le béton sont plus intenses que la chair. Ils appellent à la crainte. Ils froissent la ville comme des forêts de pierres.

Ce que je préfère ce sont les pluies sur l’opaque, les couleurs des toits, de l’ardoise humide et les torrents à travers la ville qui semblent chercher quelque chose en sachant où aller.

La ville est inimaginable, elle déborde du possible en un univers infini. Elle est insensée comme une femme.

Et quand j’aurai cent cinquante ans je continuerai à la regarder, aussi belle qu’en été, elle emportera dans mes paupières ce qui reste des lumières de ces années-ci, et les vapeurs de la terre et la pluie et la boue sur les trottoirs cabossés m’y ramèneront.